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01/07/2006

Lézarde sous le soleil (suite)

 

 

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Le lézard m’ennuie à toujours se moquer. Se moquer de moi, se moquer du lendemain, se moquer de moi fuyant vers le lendemain. Moi, je veux bien qu’on se moque, mais qu’est-ce que ça signifie au juste ? qu’est-ce qu’on attend de moi ? Que veux-tu le lézard ? Tu me réponds ? Tu dors ? Tu lézardes ? Aimes-tu les arts ? Alors remues-toi ! Au travail ! L’écriture t’appelle, elle ne peut pas se faire sans toi. Elle se nourrit de ton sang, noir à force de pesanteur, ton sang de rampant qui adhère à la terre.

Le lézard me sourit maintenant. Est-ce possible ? Je dois être dingue, la fissure a gagné du terrain, la lézarde est remontée depuis le dos jusqu’à la nuque. Mon crâne s’est fissuré comme la coquille du poussin ! Les lézards ne sourient pas… normalement. La normalité est une notion importante, un rempart solide, le dernier des barrages empêchant que les eaux froides de la folie n’envahissent la terre. Mais les lézards, à force de sourire, vont faire céder cette muraille. La rupture est imminente. Il n’en faut pas plus qu’un lézard désobéissant pour que le monde meurt, asphyxié sous les eaux. J’aimerais éviter la catastrophe, mais en même temps, je ne peux m’empêcher de contempler le petit animal, et d’écouter ce qu’il dit… Il ne dit pas grand chose d’ailleurs, il marmonne. Il n’est pas content. Et moi, est-ce que je suis content peut-être ? Le lézard se hasarde à évoquer le passé proche, quand il n’était encore qu’un microbe, une cellule luttant pour sa survie. Je lui demande pourquoi il me raconte ça. Il me répond que c’est important, il me dit que moi aussi je n’étais rien avant, une larve, une poussière de matière transbahutée de ci de là… Et alors ? je lui réponds à mon tour. Qu’est-ce que ça peut bien foutre que je sois né du néant ? Il continue et me dit que sans passé je suis comme amputé d’un bras. Et comme, en plus, je ne suis même pas un lézard, mon bras ne repousse pas ! Je lui ai répondu qu’il exagérait, que l’absence de passé ça n’était pas si grave. A quoi ça sert le passé, puisque ça n’existe plus ? Mais le lézard réplique qu’on ne peut pas se passer du passé. Alors moi je bombe le torse et lui prétends qu’il se trompe, que pour preuve mon passé à moi je lui crache dessus, je le piétine, j’en ai rien à foutre du passé ! Seul le présent me fait bander ! Et le future c’est un peu comme un film dont on peut assurer la mise en scène ! C’est bien de pouvoir comme ça se projeter très loin au milieu de l’écran… Devenir pendant longtemps. Devenir, devenir, devenir, devenir, encore et encore et encore, tant de personnages, jusqu’à ce que même la mort nous oublie, à force…

- Mais elle ne nous oublie jamais, répond le contrariant lézard. Ton passé, tes racines, poursuit-il, si elles sont coupées comment veux-tu continuer à survivre ? Si la sève ne monte plus jusqu’aux branchages, l’arbre ne peut que pourrir.

- Tu m’ennuies lézard. Je ne suis pas un arbre, je ne suis pas en bois. Mon corps respire, mon cœur envoie le sang dans les artères et produit les sentiments, mon cerveau n’a pas besoin de puiser dans les sous-sols pour sécréter des images et des sensations.

Le lézard avait son compte, il n’osait plus répondre et cherchait un coin pour se réfugier, une lézarde dans le crépis peut-être, mais il n’y en avait pas. Tout semblait trop neuf, les murs n’avaient pas de passé, il ne pouvait plus s’échapper…  J’aurais même pu l’écraser, d’un seul coup de talon. Il ne s’y attendait sûrement pas, mais j’ai préféré ménager mes forces. Les forces il m’en faudra, pour remonter cette pente, très lisse, trop lisse, sans fissure et sans prise pour mes doigts de prestidigitateur paraplégique…

 

ML 2002

Commentaires

salut, max
c'est super, tu as écris ça maintenant ou il y a longtemps? je veux dire dans le passé? 2002? j'aime bien tu t'en doutes cette discussion avec le lézard , et la lézarde sous le soleil (tout de même )qui strie le corps du personnage ,
vivre le présent bien sûr c'est le + important il ne te l'a pas dit le lézard, lui qui passe son temps à se dorer au soleil?
bises blageuses . @++

Écrit par : lezard | 02/07/2006

Yes c’est bien un texte de 2002, mais c’est vrai que le début on pourrait presque croire que je m’adresse à toi.
Je sais que tu aimes bien cette histoire de lézard. J’ai de quoi alimenter la suite…
Eviter de se faire écraser par le poids du passé ouais… Très important sans doute. Et apprendre à en décoder les évènements sus et découvrir ceux qui ont été occultés peut aussi aider à cette tâche…
Il y a vraiment de curieux symboles qui traînent dans mes écrits. Je m’en rends compte davantage chaque jour… Mener l’enquête pour réparer la lézarde.

Je vais finir par t’offrir une carte de fidélité pour contribution à la survie de ce blog hu hu !!

Bizzz

Écrit par : Max | 02/07/2006

max c'est important que tu restes là.
biz

Écrit par : lezard | 03/07/2006

Ha ha!! Je sais pas mais en tout cas merci, c'est gentil.

biz et @+ alors

Écrit par : Max | 03/07/2006

Les commentaires sont fermés.