28.03.2007

Sexcentrique*

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La route était longue

Et le soleil noir de minuit

Me teintait l’âme

D’une lueur vague

Je sentis que mes sens

Peu à peu se laissaient glisser

Dans l’océan lascif

D’une douce descente

Vers des abîmes de beauté

Ses longues jambes

Me semblèrent un signe

Une sensualité acide

Me souda les mains sur

Cette peau si douce

Son haleine me nourrissait

Pour plusieurs mois

Entre ses cuisses séquestré

Le cœur cramoisi de ses émois

Sa voix moite mentait

Quand elle me disait d’arrêter

J’étais tendu et je tentais

D’extraire de cette trappe

Un joyau assez exquis

Une source jaillissant dans son cri

J’étais devenu croyant

Et cette vierge nue

Me trouva cru

Quand je lui plantai

Ma croix de cœur

Dans son ventre-écrin

Je croyais que parfois une nuit

On pouvait espérer sans fin

Une autre forme de vie


*Contrairement aux apparences ce poème racoleur n’est pas un hommage à Benoît VI

**Photo : Dita Von Tesse

15.03.2007

Rire sous l'orage

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(Y’avait longtemps…*)

J’ai rêvé d’elle mais elle n’est pas venue

La vraie vie

Le feu de son alcool

Ne m’a pas ranimé

Alors j’ai décidé

Que du bol de la nuit

Je nourrirai mon envie

De ce feu noir

Injecté dans ma veine

Grandirait un autre moi

L’autre face

Un goût indéfini

La grâce d’être différent

La sensualité un peu folle

De ce feu vivant

Sous mes paupières baissées

Ma nuit illuminée

Ce poison peut-être

M’avait rendu

La vue

Le monde

Comme un ballon orange

Flottait sous l’orage

Et je riais

Echoué sur les bords

D’une île idyllique

L’arsenic de mes rêves

Noyait ma douleur 

*Remarque à caractère médical : ce poème enrichi en moult images mélancoliques est destiné à respecter l’équilibre émotionnel de ce blog (les personnes suivant une cure de valium sont dispensées de lecture)

**Photo : Henri Cartier-Bresson, Down town New York, 1947

11.02.2007

Ice crime

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Une envie de crime

Me chatouillait

L’arrière du crâne

Le soleil bu dans mes pupilles

Paralysées par le poison d’une extase

Très loin de l’ataraxie

La lumière jaune jaillissait

Consumait à la racine

Mes neurones moteurs

Effet inhibiteur

Mon corps pesait plusieurs tonnes

Ecrasé par le poids

D’une culpabilité étrange

Sentiment dérangeant

De devoir accomplir une tâche

Se trancher le bras

A coup de hache

Quel gâchis tout ce hachis

Pensais-je en me pansant

Le soleil se levait

J’avais encore rêvé

Qu’on m’amputait d’une part

Imputable à ceux de mes désirs

Qui souillaient la pureté

Abstraite d’une feuille

Déjà froissée.

Une lettre jetée dans l’amer

Message depuis l’enfer

04.02.2007

Minotaure 99

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La terre n’était qu’un point

Perdu dans l’espace sombre

Un point serré

Une volonté

Ame damnée en profil

De lame

Pour trancher dans

Cette chair-univers

S’ouvrir la voie

Sentir la vibration

De cette matière mère

Cette origine obscure

Ce mystère

Illisible

Des mots

Qui sur la page

S’expriment

Dans l’axe excentrique

De mes idées sauvages

Un paradis bordé de fer

A la démesure

De titans pleins de tact

Démons qui dans ma tête

S’entêtent sans tactique

Mais avec la grâce

Des sentiments très rares

Leur pur nectar

Paupières baissées

Dans la fraîcheur du soir

* Image: Thésée combattant le Minotaure, bronze de A L Barye

29.01.2007

Anachroniques martiennes

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J’étais une vraie machine

Un foutu machin

Comportement futile

Mon cerveau rouillé détraqué

Mon sang gluant de mutant

Au fond des pupilles

Une mort préprogrammée numérisée

Une envie de vivre aussi

Qui clignotait

Je ne servais à rien

Robot dérangeant

Zombie trop bizarre

Débris débonnaire

J’étais un déchet

De l’humanité

Mes circuits imprimés

Bien trop déprimés

Je me traînais

Vers l’horizon cendré

Des dandys damnés

Sur ma très belle tombe

Je me dandinais

Un œil vert clair

épinglé à ma boutonnière

Seul guide indolent

Vers cet au-delà

Au goût

acidulé…

25.01.2007

les mâchoires de fer

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Il faudrait tant que j’apprenne

Que j’apprenne à croire

Croire en moi

Ou mieux encore

Oublier tous ces faux savoirs

Qui nous servent de béquilles

Mais à force

Rentrent dans les chairs

Jusqu’à ronger l’os

Il faudrait faire la révolution

Rêver d’une future

Evolution

Il faudrait que l’envie nous guide

Seulement le cœur

Le cœur de cette envie

Si tenté qu’il batte encore

Alors encore

Il devrait continuer de se battre

Quand il n’y a plus d’espoir

C’est là que tous les espoirs sont fondés

Mes racines dans cet abîme

Aspirent la moelle vivifiante

17.01.2007

2 BE

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J’étais dans mon fœtus

Celui que j’avais dessiné

Ce nouveau dessein

Que je rêvais mien

Savoir ne suffisait pas

Savoir que je pouvais changer

Que sous l’enveloppe

Se développait

Un autre ego pas vraiment égal

Au vieux modèle un peu mité

Mon miroir me montrait

Quelqu’un d’autre parfois

Qui me ressemblait bien plus

Que l’image dans la glace

L’image objective et futile

D’une réalité déjà rance

Ersatz vidé de sa substance

En moi ce besoin de renaître

Seul moyen d’être enfin
Pour vraiment exister

Sentir le sang sous la peau

La liqueur de mercure

Alimenter le cœur

Dans cet écrin

Du corps

Un élan électrique


*Image : Trevor Brown, Fœtus in Head

06.01.2007

Loterie fatale


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Au carrefour des possibles

Je me demandais

Si un petit grain de sable

Ne pourrait pas tout foutre en l’air

Venant s’immiscer

L’air de rien

Dans le rouage rouillé de cette

Sombre mécanique pathétique

L’horizon semblait s’éloigner

A mesure que je pressais le pas

Mon futur m’échappait

Le passé grignotait le gras de

Mes petits mollets

Nous en étions tous là

Embarqués de force

Dans cette triste farce

Le manège tournait tournait

Et ma tête

Mon Dieu ma tête

Se sentit tentée de tout arrêter

Le grain que j’avais conservé

Je l’injectai dans la grande roue

J’aurais voulu la voiler

Que enfin me soit dévoilée

Une autre voie

Paysage nouveau et moins ennuyeux

D’un monde encore inconnu

Une belle avenue

Vers des mystères

Aux yeux bleus clairs

28.12.2006

Blues du fier mammifère

 

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Je me posais de ces questions

Qui deviennent vite des maladies

Dans les vécés de mon mental

S’engouffraient d’étranges étrons

Et autres formes peu recommandables

De celles qui associent le vice

A une espèce de verrue

Je sentis l’esprit vermoulu

Mollir sous mon crâne de chevelu

Etre ou non ça n’était pas la question

J’étais un pion qui rêvait un peu mieux

Un animal qui pensait les fonctions fractales

Sachant déjà la fin du chemin tortueux

Dans mon sang crépitaient des envies

D’assouvir la flèche du désir

Pointée sur l’intersection des pures lignes

De cœur avec celles plus courbes du corps

J’étais camé à une drôle de folie

Qui me rendait plus grand qu’une fourmi

Sans que ces cons de bœufs en soient surpris

J’ouvrais des portes qui n’ouvraient

Sur rien d’autre que d’autres portes

VRP de ma propre substance

Mon essence inflammable

De mammifère fièrement désirant

Doué d’idées fixes comme des réflexes

A force d’attiser l’impensable

Aux yeux de tous les diables

21.12.2006

White spirituel

 

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Le grand désert blanc

Antarctique critique

Des kilomètres de banquise

Le cœur gelé

Le cœur percé d’une stalactite

Plus rien

Le noir

Le grand typhon du désespoir

Et pourtant

Dans cette nuit

Une braise qui rougit

Qui rugit

Le sang qui file

Dans les artères de glace

L’envie, la violence et la vie

L’amour ou au moins

La haine

De ces barreaux de fer

Cette chaîne qui s’enfonce

Dans ma chair

De tout en bas

Du cœur chaud des enfers

Se relever et remonter

Doucement

Comme une bulle de mercure

Vers la haute atmosphère

Respirer

Pour la première fois

Goûter l’air

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