<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://accelector.hautetfort.com/seuls_les_presbytes_ne_peuvent_pas_voir_la_mort_de/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>Accèlector - seuls_les_presbytes_ne_peuvent_pas_voir_la_mort_de</title>
<description>Le blog de l'auteur Max Lector</description>
<link>http://accelector.hautetfort.com/seuls_les_presbytes_ne_peuvent_pas_voir_la_mort_de/</link>
<lastBuildDate>Mon, 05 Jan 2009 01:45:10 +0100</lastBuildDate>
<generator>HautetFort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://accelector.hautetfort.com/archive/2006/06/03/seuls-les-presbytes-ne-peuvent-pas-voir-la-mort-de-pres-extr.html</guid>
<title>Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de près (Extrait 4)</title>
<link>http://accelector.hautetfort.com/archive/2006/06/03/seuls-les-presbytes-ne-peuvent-pas-voir-la-mort-de-pres-extr.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Max Lector)</author>
<category>Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de</category>
<pubDate>Sat, 03 Jun 2006 19:05:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/font&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_modele_oculaire.2.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_eclipse_20solaire_2001.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin: 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_eclipse_20solaire_2001.jpg&quot; src=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_eclipse_20solaire_2001.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;(Suite)&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Oui, j’ai pas besoin de croire en Dieu pour dégommer des types proprement. Je trouverais même le rapprochement quelque peu inapproprié (quitte à vexer mes homologues de la Camorra, toujours très friands de bondieuseries). Le seul point sur lequel je dois insister, c’est le sang froid. Le contrôle des nerfs. Vous voyez, un moine tibétain, si tenté qu’il ait l’esprit suffisamment ouvert pour ça, pourrait faire un excellent tueur. J’en suis persuadé. Tout ce que j’ai appris dans ces bouquins m’a été, au début, d’une certaine utilité. Quand j’étais encore un novice dans la profession et que je cherchais à me forger une personnalité qui en jette. Mais celui qui mieux que tout autre m’a tout appris dans ce domaine, c’est le gros Raymond. Bien sûr, je sais très bien ce que vous allez penser… Maître Tetsuo Norykawa ou Li Wang machin chose ça le fait plus en terme de maître zen que «&amp;nbsp;le gros Raymond&amp;nbsp;». Mais détrompez-vous. Il ne faut jamais se fier à ce genre détail.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;De même que Raymond était un clochard et un poivrot de premier ordre, il n’empêche que ce type en savait plus sur les techniques de contrôle de l’esprit que n’importe qui d’autre que j’ai pu rencontrer ou lire. Mais évidemment c’est toujours la même chose. Le poids des préjugés dans notre putain de société libérale de merde est tel (et je suis bien placé pour le savoir) que personne en passant devant cette épave n’aurait pu une seconde s’imaginer qu’il venait de laisser filer l’occasion rêvée de rencontrer un authentique maître de méditation.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;A la place d’un beau kimono savamment noué le gros Raymond exhibait le plus souvent une infâme chemise à carreaux crasseuse et à moitié déchirée. Et alors&amp;nbsp;? Il n’avait pas un chignon mais des touffes de cheveux grisonnants et une grosse auréole dégarnie près de sa tempe droite dévoilait une vieille cicatrice. Il faut dire que dans sa prime jeunesse le gaillard n’avait pas dû être une femmelette et sa carcasse en avait vu de toutes les couleurs au cours de rixes dont les motifs qui les déclenchaient devaient probablement rester souvent obscurs. En tout cas c’est ce qui se disait de lui à l’époque. Mais voilà, en mûrissant Raymond avait finalement appris à se contrôler. Lui, le soupe-au-lait par excellence, il avait saisi l’art de dominer l’esprit et le corps.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Il m’a tout raconté… un jour où il était à jeun. En fait, il lui suffisait simplement de fixer toute son attention sur son «&amp;nbsp;pouce fantôme&amp;nbsp;» comme il l’appelait. Oui, il lui manquait le pouce de la main droite. Je pensais qu’il l’avait perdu dans un accident du travail à l’époque où lui et une bande de potes avaient essayé de bosser dans une scierie en Haute Savoie. Histoire de prendre un peu le bon air et de lâcher les mauvaises habitudes. L’embêtant vous savez, c’est que les montagnards du coin sont souvent eux aussi des sacrés zigues dans leur genre, pas mal portés sur la bibine. Evidemment, quand il y a trois mètres de neige dehors ça réchauffe. Mais bon… Sur ce point comme sur bien d’autres, et c’est aussi ça qui faisait son charme, ne nous le cachons pas, le gros Raymond n’avait jamais été très clair dans ses explications. Quand il était bien chargé au gros rouge, il racontait à qui voulait bien l’entendre (même un chien ou un mur d’ailleurs…) une version beaucoup plus pittoresque des faits. Je l’entends encore, les yeux brillants, plongé dans son récit&amp;nbsp;:&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;«&amp;nbsp;Cette nuit là, le seigneur des ombres m’est apparu. Il s’est présenté en toute simplicité, dans son beau costard noir trois pièces avec son nœud papillon blanc qui semblait vouloir s’envoler ( Raymond frisait parfois le lyrisme…). Il m’a regardé. Enfin j’ai senti qu’il me regardait… parce que le seigneur des ombres, Lucifer quoi, il porte toujours des lunettes noires. Ses yeux sont bien trop sensibles à la lumière de notre monde. Tu penses bien…&amp;nbsp;» Imperturbable dans sa logique propre, Raymond continuait généralement en ces termes&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Donc, il m’a salement dévisagé, et il m’a dit&amp;nbsp;: seuls les êtres d’une grande sagesse sont autorisés à rentrer en contact avec moi. Mais ce privilège a un prix… Et là il s’est mis à éclater de rire&amp;nbsp;! Après il s’est transformé en bouc et il est parti en chevauchant une sorte de motocyclette qui faisait un boucan d’enfer… D’ailleurs c’est ce jour là que j’ai vraiment compris d’où venait l’expression… Et ben… Vous me croirez ou non (le chien auquel il s’adressait en même temps qu’à moi s’était mis à aboyer à ce moment là). Vous me croirez ou non… le lendemain matin, ma main droite n’avait plus de pouce&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Et il exhibait alors fièrement le prix à payer pour rencontrer Mister Lucifer himself… avec son nœud pap.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Par la suite, lorsqu’il se concentrait sur son pouce fantôme il pouvait, selon ses dires, se connecter immédiatement à &lt;i&gt;l’autre réalité&lt;/i&gt;. Celle dans laquelle évoluent les anges et bien d’autres choses plus terribles encore aux yeux des non-initiés… Tu vois, m’avait-il dit un jour sur le ton de la complicité sincère&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;quand je me concentre sur ce petit vide, là au bout de ma main, ça me vide aussi la tête…&amp;nbsp;» C’est vrai que sa concentration pouvait atteindre un niveau tout à fait impressionnant. Je l’ai vu un jour se recevoir une bouteille vide sur le crâne. La bouteille s’est brisée, mais il n’a pas sourcillé d’un poil&amp;nbsp;! Il était ailleurs, à ce moment là… En promenade furtive aux abords de l’au-delà avec son pouce comme seul guide. Auto-stoppeur des autoroutes de l’enfer&amp;nbsp;!… Alors la douleur qu’on pouvait essayer d’infliger à sa carcasse, il en avait plus grand chose à foutre…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Depuis ce jour là, moi aussi j’ai beaucoup pensé au vide. La démonstration du gros Raymond m’avait vraiment impressionné. J’ai balancé mes bouquins de yoga et pendant des jours et des jours j’ai passé en revue mes souvenirs. J’ai réfléchi. Je cherchais mon «&amp;nbsp;pouce fantôme&amp;nbsp;» à moi. Je ne pouvais quand même pas me couper un doigt&amp;nbsp;! Ça aurait été ridicule, douloureux et dans mon cas particulier ça n’aurait probablement servi à rien. En plus, mon boulot exigeait absolument une main en pleine possession de ses capacités.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Finalement, à force de rumination, j’ai trouvé. Même si, au début, cette solution m’a paru malgré tout un peu invraisemblable… Mon pouce… c’était ma mère&amp;nbsp;! Ma mère que j’avais perdue étant très jeune. Elle avait elle-même mis fin à ses jours dans des circonstances qui furent longtemps pour moi très obscures. Les souvenirs que je gardais d’elle restaient fugaces. Quelques images d’un visage aux ligne pures et d’une silhouette élancée qu’au fil des années je tentais désespérément de sauver de l’oubli et que je ne parvenais que très difficilement à incarner dans une réalité plus charnelle, plus réelle. Un véritable mirage, bien trop évanescent. En somme le vide, pour moi, depuis ce triste événement de mon lointain passé, ce n’était pas une phalange, c’était ma propre mère. Je me suis dit que, peut-être, en me concentrant sur ce sentiment de vide et d’absence que jusque là j’avais au contraire souvent cherché à fuir pour moins en souffrir, je pourrais moi aussi, comme Raymond, me connecter à l’autre monde. Celui du gars en costard noir avec son nœud papillon et ses lunettes de soleil…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Max Lector&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de près&lt;/em&gt; ed le Manuscrit 2003&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a class=&quot;undefined&quot; href=&quot;http://chapitre.com/asp/panier/desc.asp?isbn=9782748131987&amp;amp;source=NEUF&amp;amp;sessionid=51974451191619583113232107&quot;&gt;Acheter ce livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://accelector.hautetfort.com/archive/2006/05/19/seuls-les-presbytes-ne-peuvent-pas-voir-la-mort-de-pres-extr.html</guid>
<title>Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de près (Extrait 3)</title>
<link>http://accelector.hautetfort.com/archive/2006/05/19/seuls-les-presbytes-ne-peuvent-pas-voir-la-mort-de-pres-extr.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Max Lector)</author>
<category>Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de</category>
<pubDate>Fri, 19 May 2006 05:20:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_residents.2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin: 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_residents.2.jpg&quot; src=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_residents.2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoBlockText&quot; style=&quot;margin: 0cm 1cm 0pt&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;(Suite) Il y a trois ans j’ai fait un petit saut en Turquie. Une belle ville Istanbul… Bien qu’en fait, je n’ai pas eu trop le loisir de visiter les sites historiques. J’étais là-bas pour le boulot, évidemment. Un mec et deux nanas… Des belles filles. Le genre poules de luxe réservées à une clientèle de privilégiés. Généralement des types du showbiz qui viennent s’éclater un peu entre deux tournées survoltées ou des notables de la région. Mais les deux call-girls avaient été trop gourmandes. Beaucoup trop. Elles avaient voulu travailler à leur compte et la patronne du réseau n’avait pas du tout apprécié. D’autant que, faisant partie des plus belles pièces de son armée de filles elles lui rapportaient gros… Après un, puis deux, puis trois avertissements, la sanction était tombée. C’était quand même très rare que la grande maquerelle, madame Fortuna, je n’invente rien, en arrive à de telles extrémités. Mais d’après ses proches, depuis que la vieille s’était branchée dans des mouvements d’inspiration vaguement occultiste, elle n’était plus la même. Sa conception de la vie, autrefois un modèle d’équilibre et d’organisation, en avait été assez lourdement affectée. On m’a dit, puis confirmé, qu’elle participait à des cérémonies rituelles assez peu piquées des vers. Le genre messe noire et compagnie… Les adorateurs de Satan et autres guignolades auxquels j’aurais pourtant juré qu’un esprit aussi perspicace que le sien aurait su échapper. Mais à un moment ou à un autre, c’est fatal, les gens vieillissent et ils perdent les pédales. Moi comme je suis sérieusement barré depuis déjà longtemps, j’ai eu tout le loisir de m’adapter, tandis que ceux qui réalisent tout d’un coup qu’un morceau de leur cervelle se fendille, ça leur produit en général une drôle d’impression… C’est un peu comme dans les dessins animés quand le personnage continue à marcher quelques secondes avant de s’apercevoir qu’il est au-dessus du vide. Dans ces cas là, si vous n’êtes pas sérieusement préparé, fatalement, la première image qui s’impose inéluctablement en couleur et en format géant à votre imagination, c’est celle d’une forme humaine étrangement ressemblante à la vôtre qui gît lamentablement, écrabouillée et encastrée dans le sol plusieurs centaines de mètres en contre-bas… Je vous avais prévenus que pour les métaphores j’étais un peu limite.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBlockText&quot; style=&quot;margin: 0cm 1cm 0pt&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;A un moment ou à un autre nous jouons tous le rôle de l’ange déchu… Y’a qu’à voir… La naissance. Ça commence déjà par une dégringolade, plus une expulsion&amp;nbsp;! Pas vraiment bon signe ça. On aurait dû s’en douter depuis longtemps… Mais les gens en ont rien à foutre. Il continuent à naître un peu partout sur la planète comme si c’était vraiment le lieu le plus accueillant pour décider d’entamer son existence&amp;nbsp;! Remarquez, ailleurs, c’est peut-être pire… Je veux bien l’admettre. Au fond la terre n’est peut-être rien d’autre qu’une grosse poubelle parmi d’autres encore moins ragoûtantes&amp;nbsp;? Ouais… J’aime bien cette idée. Je sais pas pourquoi… Mon côté malsain sans doute.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBlockText&quot; style=&quot;margin: 0cm 1cm 0pt&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Moi, si j’avais pu, j’aurais bien voulu ne pas naître… Pas parce que la vie est trop pénible. Non, juste comme ça… pour voir. Par simple esprit de contradiction. Contrecarrer le cours naturel des choses. Trop cool&amp;nbsp;! Mais bon… on pense toujours aux choses quand c’est trop tard. Maintenant, évidemment, c’était foutu… Bien sûr, j’aurais pu me tirer une balle dans la nuque, mais ça n’aurait pas été pareil, maintenant que j’avais vu comment c’était. Et puis si je m’étais flingué moi-même qui m’aurait payé&amp;nbsp;? Ça m’aurait quand même bien fait chier de bosser à l’œil&amp;nbsp;! Déjà que c’était pas facile.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBlockText&quot; style=&quot;margin: 0cm 1cm 0pt; text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'times new roman'; mso-fareast-font-family: 'times new roman'; mso-ansi-language: fr; mso-fareast-language: fr; mso-bidi-language: ar-sa&quot;&gt;Ma voisine du dessus, une vieille toujours barricadée chez elle à double tour, commençait vraiment à me mettre les nerfs. Presque tous les jours elle foutait le volume de sa putain de télé à fond de onze heures jusqu’à au moins vingt et une heure le soir&amp;nbsp;! C’était vraiment casse-burnes d’entendre les dialogues archi niais des &lt;i&gt;feux de l’amour&lt;/i&gt; pendant que j’essayais de faire mes exercices de concentration. Oui, je ne vous ai pas raconté ça. Un professionnel comme je l’étais à l’époque se devait d’apprendre à gérer au mieux son stress. Il s’agirait pas d’avoir la tremblote au moment de conclure un contrat. Quand l’index caresse la gâchette avec autant de touché que le clitoris d’une jeune vierge… C’est pas le moment de craquer. Vous me comprenez. Tout ça implique une certaine hygiène de vie. Je me levais pas à cinq heures du mat pour aller faire un footing. Non je laissais ça à d’autres. Ceux que ça amuse, précisément… Le point le plus important dans cette histoire, c’est le mental. Il faut acquérir une concentration en acier. Au début, je m’étais astreint à lire une flopée de bouquins sur le yoga, la méditation, transcendantale ou non, le training autogène, les mantras… Tout ces machins qui constituent en quelque sorte le folklore obligé de ce que les naïfs et quelques gogos appellent encore la spiritualité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBlockText&quot; style=&quot;margin: 0cm 1cm 0pt; text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBlockText&quot; style=&quot;margin: 0cm 1cm 0pt; text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'times new roman'; mso-fareast-font-family: 'times new roman'; mso-ansi-language: fr; mso-fareast-language: fr; mso-bidi-language: ar-sa&quot;&gt;&lt;strong&gt;Max Lector&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de près&lt;/em&gt;, Ed Le Manuscrit 2003&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBlockText&quot; style=&quot;margin: 0cm 1cm 0pt; text-align: center&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'times new roman'; mso-fareast-font-family: 'times new roman'; mso-ansi-language: fr; mso-fareast-language: fr; mso-bidi-language: ar-sa&quot;&gt;&lt;a class=&quot;undefined&quot; href=&quot;http://chapitre.com/asp/panier/desc.asp?source=NEUF&amp;amp;isbn=9782748131987&amp;amp;sessionid=52765481472965831139947&quot;&gt;Acheter ce livre&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_residents.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://accelector.hautetfort.com/archive/2006/04/21/seuls-les-presbytes-ne-peuvent-pas-voir-la-mort-de-pres-extr.html</guid>
<title>Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de près (extrait 2)</title>
<link>http://accelector.hautetfort.com/archive/2006/04/21/seuls-les-presbytes-ne-peuvent-pas-voir-la-mort-de-pres-extr.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Max Lector)</author>
<category>Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de</category>
<pubDate>Fri, 21 Apr 2006 05:00:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_rez.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;medium_rez.jpg&quot; src=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_rez.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Je n’avais pas de boulot. Enfin, pas du même genre que celui de tous ces gens qui me croisaient en manquant tout le temps de me rentrer dedans au passage tellement ils avaient la colique. J’étais un tueur… Tueur à gage. Je l’ai déjà dit il me semble. A cette époque là c’était plutôt calme. Pas trop de clients. Peut-être que depuis les attentats du onze septembre les gens se disaient que ça ne valait plus la peine de dépenser du fric pour seulement une tête, alors que, si ça se trouve, bientôt le travail serait fait à grande échelle et pour pas un rond…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Quand j’avais rien à faire comme ça, je commençais assez rapidement à m’emmerder. Je démontais et je remontais mes armes, ça m’occupait. Mais au bout d’un moment c’est lassant aussi. Je matais un peu la télé, mais de toute façon y’a jamais grand chose. Juste des films hyper violents où les gens n’arrêtent pas de se tirer dessus. Belle éducation pour nos gosses… Enfin moi j’en avais pas mais… Et puis ça me rappelait trop le boulot. C’était déprimant de les voir en pleine action tandis que moi j’étais bloqué entre quatre murs.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Je me serais bien payé un petit voyage, dans les îles ou ailleurs, mais côté finances à ce moment là c’était un peu raide. J’en avais pas assez dégommés ces derniers temps. Ça n’est pas non plus un boulot de tout repos. Il ne faudrait pas que vous vous fassiez des illusions à ce sujet. Seulement ça convenait assez bien à ma personnalité. C’est vrai. Mon côté solitaire, tout ça… Pour ce qui est d’avoir de longues discussions intéressantes, argumentées et tout le tralala avec mon prochain, je vous le répète, je rencontrais certaines difficultés. Leur envoyer un pruneau au milieu du front c’était déjà nettement plus dans mes cordes. Je sais pas, c’est… ça me calmait. Ça ne s’explique pas. C’était pour ainsi dire nécessaire à mon équilibre. Les toubibs découvriront peut-être un jour que j’ai un problème psychique. Et alors&amp;nbsp;?&amp;nbsp; Qui n’a pas, plus ou moins, ici bas, dans ce monde de cinglés, un problème psychique&amp;nbsp;? Je vais en surprendre plus d’un, mais il y quelques années de ça j’ai passé la porte d’un professionnel du presse-citron. Un psychanalyste je veux dire. Oui à l’époque je frôlais la grosse déprime. A cause d’une affaire qui avait mal tourné. La nana qu’on m’avait chargé de descendre était vraiment trop mignonne et au dernier moment j’avais craqué. Je n’avais pas pu appuyer sur la gâchette. Faute professionnelle grave avec sanction immédiate et sévère remise en question personnelle durant de longues semaines.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Je ne savais plus trop qui j’étais, je perdais mes repères. C’était l’angoisse quoi. «&amp;nbsp;l’angoisse du tueur&amp;nbsp;», un syndrome bien connu des gens de mon espèce. Mais le psy lui, évidemment il n’avait pas l’air d’être au courant. Encore un de ces universitaires la tronche remplie de livres qui ne savait pas ce qui se passe dans la rue à deux pas de chez lui, je m’étais dit en marmonnant dans ma barbe pendant que l’autre commençait à prendre ses aises et à crâner.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;La vie c’est pas toujours ce qu’on croit. J’aime assez cette phrase… C’est de moi. Je la ferai peut-être graver sur ma pierre tombale… A moins que j’y fasse plutôt marquer&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;j’encule vos familles et tous leurs membres&amp;nbsp;». J’hésite encore. Question de style…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Dans un avenir plus ou moins proche j’aimerais stocker suffisamment de pognon pour me permettre d’ouvrir un petit atelier de taxidermie. J’adore les animaux empaillés. Je trouve ça trop classe… Avec une petite touche d’étrangeté en plus. C’est un peu comme si une intervention extérieure, quasi magique, avait fixé pour toujours l’instant du trépas chez ces pauvres bêtes. Elles sont mortes sans vraiment tout à fait l’être, désormais. Je trouve ça poétique comme situation… Encore que, je ne sois pas forcément un spécialiste en matière de poésie…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Chez moi je possédais un gros rat empaillé qui trônait sur la cheminée. Croyez le ou non, mais à partir du jour où je l’ai installé là, les autres rongeurs, ceux qui avaient encore le sang chaud, ne sont plus jamais venus fourrer leur sale museau chez moi&amp;nbsp;! Forcément, quand ils voyaient ça sur la cheminée ça devait leur foutre un coup. Un collègue figé en plein départ pour l’outre-tombe, c’est pas très bon signe&amp;nbsp;! Il vaut mieux aller squatter les égouts. Ça sent meilleur (pour un rat&amp;nbsp;!) et c’est mieux fréquenté&amp;nbsp;! Enfin j’imagine qu’ils se disaient un truc dans ce genre. Si tant est qu’un rat, même très évolué, soit capable de s’exprimer sur&amp;nbsp; le mode du dialogue intérieur… Je ne sais pas très bien où en est actuellement la recherche scientifique concernant le phénomène de l’introspection chez le rat de nature intellectuelle et angoissée. Vous voudrez bien m’en excuser. En fait, l’atelier de taxidermie est un projet parmi tant d’autres… Mais celui-là j’y tiens tout particulièrement. Toutes ces bestioles figées pour l’éternité ça serait magnifique le soir dans l’obscurité naissante quand leurs ombres un peu étranges et menaçantes se projetteraient le long des murs. Ouais. Ça serait un chouette spectacle je pense…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Moi, les gens que je flinguais, j’aurais bien aimé aussi les empailler parfois. Mais attention&amp;nbsp;! Pas n’importe lesquels, pas les fripouilles&amp;nbsp;! Seulement ceux que je respectais. Ceux que j’avais exclus de ce monde à contre cœur, juste parce que c’était mon job et qu’il fallait bien que je le fasse. M’enfin c’était juste un fantasme… Comme ça… Qui me trottait souvent dans la tête. Je savais bien que ça serait mal vu… Très mal vu. La flicaille, la presse, l’opinion publique, ils me seraient tous tombés sur le dos. J’aurais plus eu une minute de tranquillité. Ils aiment les originaux, je le sais. Les tueurs qui ne se contentent pas de faire les choses simplement. Qui rajoutent une touche disons, artistique, à leur labeur…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Moi, je n’étais pas encore un artiste à proprement parler à l’époque, mais je me posais pas mal de questions… Ce qui me fascinait par-dessus tout, c’était cet instant critique. Le moment du passage de la vie à… ce qui en diffère radicalement et qu’on appelle la mort parce qu’on reste bien con lorsqu’il s’agit de décrire ou d’exprimer un truc, par excellence, indescriptible…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L’expression dans le regard de celui ou de celle qui est sur le point de franchir le seuil… C’est quelque chose d’assez extraordinaire. Vous pouvez me croire. Pas de la peur ou de l’effroi. Non. Ça c’est juste avant l’instant critique. Mais après c’est autre chose… On observe une forme de fascination. Ils ne sont déjà plus là. Pas encore morts, mais déjà plus du tout vivants… On dirait qu’un canal s’est littéralement ouvert au fond de leurs pupilles. Et l’âme s’en va par ce canal. Elle reflue vers le haut… Moi aussi à cet instant précis je me retrouvais dans un état bizarre. J’étais presqu’aussi fasciné que l’était la victime. Les effluves de l’au-delà me caressaient doucement et j’en avais la chair de poule.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;C’était peut-être pour ça que je continuais, malgré tout, à faire le même boulot&amp;nbsp;? Pour ressentir cet état si particulier, ce vacillement de l’âme et du corps. Ça me prenait aux tripes c’est sûr. C’était comme une drogue. La &lt;i&gt;dead dope&lt;/i&gt;. Celle qui ne vous lâchera jamais parce que vous savez bien qu’à la fin la victime c’est forcément vous… Mais mourir par procuration me donnait un avant-goût de ce qui pour la plupart d’entre vous ne se produira qu’une seule fois. C’était mon privilège. Gagner des places pour l’avant première de la mort…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Les gens qui ont un job comme tout le monde ne peuvent pas comprendre de quoi il s’agit. Se mesurer à la grande faucheuse&amp;nbsp;! Lui faire de la concurrence&amp;nbsp;! C’est bien de ça dont je vous parle en ce moment. Je ne connaissais rien qui soit plus exaltant… à part peut-être écouter du Iron Maiden en bouffant un cornet de frites… Mais c’est une comparaison qui elle aussi demeurera très obscure à qui ignore les méandres cachés de ma personnalité.&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Une fois j’avais pensé prendre un chat pour chez moi. Ben oui, ça m’aurait fait de la compagnie… Et il se serait amusé avec le gros rat sur la cheminée. Ceci dit, c’est plutôt quand ils sont très jeunes qu’ils savent s’amuser. Un peu comme les hommes… Un vieux matou c’est plutôt taciturne en général et deux taciturnes sous le même toit ça aurait peut-être fait un peu trop à mon goût. Je l’aurais flingué au bout de trois mois… Un civet de chat, ça doit pas être mauvais remarque&amp;nbsp;? Les asiatiques le font bien. Enfin, peut-être pas un civet, d’accord, mais à la mode de chez eux, peu importe. Entre les nems et le potage aux vermicelles. Avec des champignons noirs et des pouces de bambou…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L’orient est une région du monde qui me fait rêver, c’est pas contestable. Les chinois étaient des sacrés tueurs à la grande époque de l’empire céleste&amp;nbsp;! Quel degré de raffinement dans l’art de la torture&amp;nbsp;! Seul un peuple ayant atteint un très haut degré de civilisation peut développer une telle perversité. J’ai connu un chinois dans le quartier il y a deux ou trois ans. Non je me trompe. Ils étaient vietnamiens, lui et sa famille. Sa femme, trois marmots et la vieille belle-mère toute torsadée de la colonne vertébrale après une vie de labeur qu’on devinait avoir été très pénible. Il s’appelait Nguyen je crois. Ils s’appellent toujours tous comme ça en général… Son prénom j’ai oublié, mais dans le quartier, pour simplifier, tout le monde l’appelait Arnold parce qu’un jour, au tout début, quand ils venait d’emménager on l’avait vu souvent avec un transfert d’Arnold Schwarzenegger sur son tee-shirt. Il ignorait d’ailleurs qui c’était. Je crois que c’était un cousin propriétaire d’un vidéo club dans le sud de la France qui lui en avait fait cadeau ( Il faut toujours se méfier des cousins qui habitent le Sud de la France. C’est ce que disait souvent ma tante Helena dont l’ex-mari était d’Avignon. Une sacrée coquine celle-là&amp;nbsp;!). Depuis le surnom lui était resté.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;En plus ça lui allait plutôt bien vu que, pour un asiatique, il était plutôt grand et athlétique. Il ne souriait presque jamais… Bref, on aurait cru qu’il éprouvait un malin plaisir à démentir tous les clichés à trois balles qui circulent habituellement sur les jaunes. Moi je l’aimais bien. Quand il avait le temps on passait dans l’arrière-boutique – il vendait des tisanes, des herbes médicinales et ce genre de chinoiseries – et devant un petit alcool de rose maison il me racontait toutes sortes d’histoires assez sombres et dramatiques qui s’étaient déroulées il y a longtemps dans son pays. Je ne sais pas très bien si il inventait ou quoi, mais c’était vraiment bizarre et souvent assez glauque. Enfin le genre de truc qui me branche bien quoi. Je l’aurais bien écouté durant des nuits entières si sa femme n’était pas venue&amp;nbsp; à chaque fois nous déranger pour le sommer d’aller se coucher.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Quand j’y repense, ce type au fond, c’était un grand mystère. C’est sûrement ça qui nous a rapprochés. A y regarder de plus près, il avait même dû faire des trucs pas très nets à l’époque où il était encore au pays, sous les palmiers et les cocotiers… Il avait donc de multiples motifs de prendre ses cliques et ses claques&amp;nbsp; avec toute sa petite famille sous le bras. Le voyage, ça n’avait pas été non plus une partie de plaisir, entassés comme des bestiaux sur un boat-people soumis à tous les dangers de ces territoires infestés de pirates sans scrupules. Mais ça, ils n’aimaient pas trop en parler… Aucun d’entre eux. C’était probablement à cause de tous ces ennuis que Arnold avait définitivement perdu le sourire… Ça vous vieillit un homme prématurément… Je sais de quoi je cause. Mais moi, j’avais mes petits secrets pour me protéger. Pour que les démons du passé, comme on dit dans les livres, ne viennent pas trop me faire chier. Mon passé à moi, il était un peu spécial aussi… On s’en serait douté. On devient pas accro à la gâchette si on a vécu une enfance choyée dans une famille bourgeoise et sans problèmes avec un parcours scolaire exemplaire et tout le tralala… Moi j’ai commis quelques fautes de parcours. Mon destin s’était montré plus tortueux que les circonvolutions psychiques du cerveau d’un prix Nobel de mathématique. Mais ne parlons pas trop des choses qui n’ont plus cours. Le soleil se lève chaque matin à l’est et se couche à l’ouest. Y’a que les vieux croûtons qui passent leur temps à remuer les histoires poussiéreuses jusqu’à ce que la mémoire les lâche, parce qu’ils n’ont rien de mieux à faire.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Max Lector&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de près&lt;/em&gt; Ed Le Manuscrit 2003 &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'times new roman'; mso-fareast-font-family: 'times new roman'; mso-ansi-language: fr; mso-fareast-language: fr; mso-bidi-language: ar-sa&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.chapitre.com/frame_rec.asp?sessionid=61415947201659486197250153&amp;amp;donnee_appel=&amp;amp;quicksearch=max+lector&amp;amp;source=all&amp;amp;image.x=6&amp;amp;image.y=8&quot;&gt;http://www.chapitre.com/frame_rec.asp?sessionid=61415947201659486197250153&amp;amp;donnee_appel=&amp;amp;quicksearch=max+lector&amp;amp;source=all&amp;amp;image.x=6&amp;amp;image.y=8&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://accelector.hautetfort.com/archive/2006/02/24/seuls-les-presbytes-ne-peuvent-pas-voir-la-mort-de-pres-quat.html</guid>
<title>Seuls les presbytes...(quatrième de couverture)</title>
<link>http://accelector.hautetfort.com/archive/2006/02/24/seuls-les-presbytes-ne-peuvent-pas-voir-la-mort-de-pres-quat.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Max Lector)</author>
<category>Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de</category>
<pubDate>Fri, 24 Feb 2006 01:45:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_joia4.2.jpg&quot; /&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;On y parle de la mort, de problèmes de vision et de diverses questions d’ordre existentiel, métaphysique ou artistique, à travers l’étrange rédemption d’un petit tueur à gage.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;C’est un roman à la fois, initiatique, philosophique et déjanté… Mais s’il ne fallait garder qu’un seul terme pour le résumer, je crois que je dirais plus volontiers&amp;nbsp;: déjanté. Un texte profond ou superficiel selon la distance à laquelle vous le lirez et la nature de vos problèmes de vue.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Une dernière précision. Si il est vrai que les presbytes ne peuvent pas voir la mort de près, en revanche, une simple paire de lunettes leur permettra aisément de lire ce récit.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;Max Lector&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de près&lt;/em&gt; Ed Le Manuscrit, 2003&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a class=&quot;undefined&quot; href=&quot;http://chapitre.com/asp/panier/desc.asp?source=NEUF&amp;amp;isbn=9782748131987&amp;amp;sessionid=52765481472965831139947&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Acheter ce livre&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://accelector.hautetfort.com/archive/2006/02/21/seuls-les-presbytes-ne-peuvent-pas-voir-la-mort-de-pres-extr2.html</guid>
<title>Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de près (Extrait 1)</title>
<link>http://accelector.hautetfort.com/archive/2006/02/21/seuls-les-presbytes-ne-peuvent-pas-voir-la-mort-de-pres-extr2.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Max Lector)</author>
<category>Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de</category>
<pubDate>Tue, 21 Feb 2006 17:30:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_eski.5.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin: 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_eski.5.jpg&quot; src=&quot;http://accelector.hautetfort.com/images/medium_eski.5.jpg&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF0033&quot;&gt;&lt;strong&gt;The Residents&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Les doigts crispés sur le stylo-bille, j’écris. Je m’habille parfois de mots habiles qui me permettent de me défiler. Les mots, toujours les mots. L’émoi devant les mots qui jaillissent de ma bouche pourtant muette grâce au sang noir qui dégouline constamment de la pointe du stylo.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je sais… Je sais que je dois dire les mots dans un langage qui est seulement le mien. Le tien aussi parfois, quand nos regards se croisent... Les mots contre l’ennemi. L’emmurer, le tuer&amp;nbsp;! Lui crever les yeux avec les pics du langage hérissé. Devenir méchant. Devenir très rugueux et déchirer l’autre peau qui se frotte à la mienne. L’autre respiration l’étouffer. Couper court à tout autre discours que celui émanant de mes pores suants. Ne pas tendre de piège. Non. Pas la peine de creuser sous ses pieds un abîme. Pas nécessaire de poignarder dans le dos. Juste ouvrir la bouche et souffler les flammes de l’enfer sur le visage étonné, trop surpris pour prier les idoles obsolètes aux regards déjà absents.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ne pas chercher à plaire, à déplaire, à se complaire dans un jeu ennuyeux avec des chiens au museau trop teigneux. Interlocuteurs imaginaires… Ne pas faire l’artiste, la star, le numéro dans le système avec le petit tour de piste. Pas de beaux costards, de regard inspiré, de longs discours… Pas de poignées de mains avec des nains (ceux qui mesurent un mètre quatre vingt). Pas d’approximation. Du travail bien fait. Un cadavre soigné, respecté mais saigné.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;De l’envie. Bien sûr de l’envie. Mais elle est maîtrisée, contrôlée, éjaculée en petits jets serrés. De l’amour. Aussi. Mais l’âme qui s’alourdit, qui devient une pâte molle et dégouline, dégoûtante, le long des tempes encore tièdes…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J’aimerais jouer à ce jeu. Dans cette béance me glisser... Dans le noir, dans la nuit. Explorer mes profonds abîmes. Je suis la cible. J’oscille de droite à gauche, de droite à gauche… Encore une forme d’hésitation. Mais je veux que le monde sache, quitte à ce que ma tête tombe. Je suis… un criminel&amp;nbsp;! Je découpais dans le lard. Je dépeçais les âmes, rendais les corps cadavériques. Pas de magie. Non, pas de magie. Là, c’est du silence… le temps que cessent les derniers mouvements, désordonnés, et la petite musique trébuche, le cœur se tait… Comme une fleur qui se flétrit et puis qui meurt… en hurlant.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les escaliers ne descendent jamais assez bas. C’est ça qui est embêtant… L’escalier de l’enfer. Un verrou sur la petite porte. Pourquoi faire&amp;nbsp;? Les heures passent. Je suis sans traces de moi-même, j’ai dû me laisser en arrière… Négligence. Je piétine. C’est joyeux. Comme les enfants dans la boue, dans les flaques. Moi c’est dans le sang, mais bon… à part ça. Pas de lumière ici. Peu de lumière, mais une odeur très forte. L’envie de vomir ce qui fait qu’on reste encore un être humain, avec une queue entre les jambes pour enjamber les générations. Pour contaminer l’infini. L’infiltrer, le tirer vers soi par petits coups nerveux… J’ai des envies… pas très banales. Une banane ou une tasse de café ne me suffira pas… Aujourd’hui, je voudrais… monter en montgolfière pour pouvoir m’observer dans haut devenir tout petit… et puis disparaître. Me noyer dans l’anonymat des pucerons humains.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Première partie&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;1&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je n’étais pas tout à fait comme les autres. Ceux qui rient tout le temps en se tapant sur les cuisses… Ceux qui veulent regarder le foot à la télé ou tripoter des gros nibards. Je n’étais pas de ceux-là. Ou en tout cas, pas tout le temps… Je traînais le soir dans les squares désertés. Je me posais sur un banc, comme un gros pigeon noir qui ne roucoule plus. J’essayais de penser. Là, au calme, je tentais de retrouver le fil de mes idées.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;C’était difficile. Ça n’arrêtait pas de se bousculer. Comme de grands traits noirs et rouges parfois, qui raturent une page devenue illisible désormais. Un chat s’approche. Je le sens méfiant. Il a raison. Il a raison de douter de ma bienveillance. Non pas que je déteste les animaux. J’en suis un. Une espèce particulière… Mon âme m’anime tant que faire se peut. J’étais un gros animal peureux que la vue du sang, pourtant, n’effrayait pas. Bien au contraire…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La nuit était fraîche ces soirs là. Les oiseaux noirs dans le ciel. De petites ombres qui se déplacent. J’avais peur… peur qu’on sache… pour moi. Il fait sombre mais… prudence. Il faut toujours rester sur ses gardes. Les chats de gouttière ne sont pas les seuls rôdeurs. Je me passai la main sur le front. Il était chaud, brûlant. J’avais la fièvre&amp;nbsp;! Ma pensée en surchauffe. Je savais bien que tout ça n’était pas très naturel. J’esquissais un sourire. Il n’y avait personne mais c’était pas grave. Seulement pour me rassurer… Je souriais aux démons de la nuit. Je leur disais&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;voyez, bande d’enculés&amp;nbsp;! J’en ai rien à foutre. Ça me fait marrer. C’est tout…&amp;nbsp;»&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J’espérais qu’ils m’entendaient, qu’ils me voyaient. Enfin, je ne suis pas certain que je l’espérais… Je l’imaginais en tout cas.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je regarde ma montre&amp;nbsp;: il est tard. Très tard. Ma vie s’écoule, c’est chiant. On le sent mieux à cette heure là. Les vitres sont noires. Derrière, les gens dorment ou bien font l’amour. Mais ça m’étonnerait, je sens ces choses là. Le chat ne cherche plus à savoir qui je suis. Il a bondi de côté et il va reprendre la direction des toits obscurs.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je suis seul maintenant. Je décide de me lever et de marcher. Un couple descend la rue et arrive dans ma direction… Ça m’énerve un peu de les croiser. J’aime bien être tranquille quand je marche dans les rues mal éclairées en plein milieu de la nuit. C’est la moindre des choses, respecter la tranquillité des autres. Moi je respectais. J’aimais bien observer un cadavre avec son air pincé. C’était un spectacle unique et émouvant. On sait qu’il est là, mais qu’en même temps il n’y est plus. Ouais… un drôle de truc, la mort, quand même. Moi je n’avais pas de préjugés. Je pensais que si on mourrait, en général, ça devait sûrement servir à quelque chose… ou à quelqu’un. Pas Dieu non. Non, lui, de toute façon… Enfin voilà pourquoi j’aimais pas croiser des gens en pleine nuit quand je déambulais au hasard des ruelles. Ça interrompait le cours de mes réflexions et puis ensuite… je me sentais mal. J’avais envie de mordre le ciment des immeubles… Ça m’aurait calmé. Sans doute. Ça m’aurait sûrement calmé.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ma main me fait mal. Celle qui tient le stylo… Oui j’écris. Comme ça. Des bribes de phrases sans conséquences. Des mots qui se suivent sans toujours s’enchaîner. J’ai remarqué que je me sentais mieux quand j’écrivais. Je pourrais me droguer, mais l’héroïne ça coûte plus cher.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Un soir dans un bar, une femme toute de noir vêtue, avec une minijupe assez suggestive, m’avait regardé bizarrement. Elle avait l’air d’hésiter à franchir le pas. Elle m’avait demandé l’heure… Moi je lui ai répondu que quelle que soit l’heure c’était peut-être celle de nous rencontrer. Elle s’est forcée à sourire, mais j’ai senti qu’elle me trouvait lourd et sans doute un peu barré. En somme, une certaine intuition féminine l’avait avertie que j’étais à la fois dangereux et peut-être intéressant. Je regardais la mousse de mon demi. On aurait dit un nuage posé sur un océan d’urine miniature… Ça m’a donné encore plus soif. Mais le regard de la nana en noir me gênait. Je sentais qu’elle pensait à des choses sur mon compte et ça je ne supporte pas. Je veux dire de la part d’un ou d’une inconnue qui vous dévisage déjà un peu de loin comme ça avait été le cas. Ensuite la même nana est sortie du bar. Moi, je ne sais pas pourquoi, je l’ai suivie. Ou plutôt si, je sais pourquoi… j’avais besoin de me dégourdir les jambes. Et puis ça m’évitait d’inventer un parcours spécialement pour moi. Elle marchait lentement en oscillant doucement des hanches, mais pas trop. Elle avait l’air détendue. Je me suis dit que c’était tant mieux pour elle, parce que moi en revanche, je me sentais un peu sur les nerfs. A la limite du tic nerveux. J’aurais sûrement tressauté si un chat ou un clébard avait bousculé une vielle canette de bière sur le trottoir…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je ne savais pas quoi faire, alors de temps en temps, quand un petit cul passait par là, je déboîtais et sans vraiment décider quoi que ce soit je me retrouvais un peu plus tard dans un quartier inconnu en train de contempler une porte d’immeuble&amp;nbsp; vitrée et un interphone couvert de taggues. Les choses étant ce qu’elles sont, je perds un peu le sens de l’orientation parfois. Un autre soir, j’étais ivre mort et j’avais cru un moment que Dieu me parlait&amp;nbsp;! Ça me paraissait quand même bizarre qu’il répète sans cesse «&amp;nbsp;you know&amp;nbsp;» à la fin de chacune de ses phrases, mais bon, dans un sens, il avait bien le droit de parler comme il voulait puisque c’était Dieu… Quand j’ai retrouvé un peu de ma lucidité je me suis aperçu que j’étais à moitié à poil allongé au milieu des poubelles. Ça sentait un vilain mélange de vinasse, de choux et d’urine. C’était pas le grand luxe&amp;nbsp;! Et pourtant, comme dans un flash, pendant une fraction infime du temps je me suis vu très distinctement assis à l’arrière d’une Roll Royce blanche dans un costard tout aussi immaculé avec à mes côtés une superbe mulâtre au visage angélique couverte de diamants gros comme des oeufs de pigeon&amp;nbsp;!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Mais le pigeon c’était moi… J’avais la folie des grandeurs. Je rêvais de poubelles trop grandes pour moi. Je me suis relevé, extrêmement fébrile, et j’ai tenté de faire quelques pas. Je me sentais un peu comme l’astronaute Niel Armstrong faisant la découverte d’une planète étrange et sans gravité. J’avais bien du mal à reconnaître la réalité. Pour moi, ça n’était pas réel tout ça. C’était de la merde&amp;nbsp;! un point c’est tout. Je suis quand même rentré chez moi, une heure plus tard. J’ai fermé le verrou (la serrure avait été forcée à plusieurs reprises et ne fonctionnait plus très bien) et j’allais m’effondrer sur le lit défait quand je me suis rendu compte… que je n’avais pas sommeil. Les volets n’avaient pas été fermés depuis plusieurs jours et l’aube naissante commençait à chasser doucement l’ombre la plus profonde de la pièce. Je me suis dit que tout ça n’avait aucun sens… Ma vie je veux dire. Pas plus d’ailleurs que la vie de pas mal d’autres paumés dans mon genre. On était tous là, plantés comme des bougies sur un gâteau, et on se rendait compte finalement qu’on servait à rien… Enfin moi je m’en rendais compte. Ce qui faisait ma supériorité sur le voisin, Marcus. Un pochetron dans mon style, mais avec la lucidité en moins et des idées sur la réorganisation de la société qui auraient fait dresser les cheveux sur la tête du gauchiste le plus extrémiste. D’après moi, on vivait tous comme des gros rats biens cradoques sur le même navire, et ce navire n’était rien d’autre qu’un gros morceau de fromage déjà grignoté de tous les côtés. J’aime bien utiliser ce genre de métaphores bidons.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Pour l’instant, je suivais mon programme des trente cinq heures. C’était mon délai officiel pour dessaouler d’une bonne biture. Les ignorants disent que l’alcool est seulement nuisible, mais c’est tout à fait inexact. Au contraire, si ça se trouve, l’alcool nous permet de voir les choses comme elles le sont en réalité. Seulement comme la plupart d’entre nous ne supporte pas de voir trop longtemps la réalité en face on s’arrange pour tomber malade ou bien pour trouver de bonnes raisons de ne plus boire. Ce raisonnement paraîtra peut-être incohérent à beaucoup d’entre vous. Pourtant il a germé dans mon esprit au beau milieu d’une phase de lucidité alcoolique, ce qui devrait il me semble, en garantir la pertinence.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les jours s’écoulaient et ne se ressemblaient pas… Sauf à considérer que les mêmes évènements se reproduisaient sans cesse. Je me saoulais, je gerbais, je pionçais. Souvent je me demandais si la vie valait vraiment la peine d’être vécue. Mais je n’avais pas fini de me le demander que, déjà, je m’étais endormi… Toujours dans des endroits très incongrus pour ce genre d’activité métabolique réparatrice.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Moi, de toute façon, la vie je m’en foutais. Ce que je voulais, ce qui me maintenait encore debout c’était autre chose. C’est pourquoi j’errais des nuits entières dans les labyrinthes de métal et de béton… A la recherche d’autre chose, justement. Sans savoir vraiment quoi. C’était ça, il me semble, mon problème majeur. Le problème mineur étant de pouvoir rentrer chez moi avec un taux d’alcool dans le sang portant fortement préjudice à mes facultés supérieures d’orientation.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les gens autour de moi ne semblaient pas, pour la plupart, dignes de confiance. C’est vrai quoi… De grands types ou de petites nanas qui passent la majeure partie de leur temps à bosser dans des jobs qui ne leur plaisent pas plus que ça et qui passent la partie restante à imaginer quelle sera leur vie dans quatre ou cinq ans quand ils seront mariés, qu’ils auront une baraque à eux, un chien affectueux, un joli chat, une vieille belle-mère à garder peut-être, un sèche cheveux Rowenta, une putain de télé seize neuvième, le home-vidéo et avec ça, bien sûr, toujours le même boulot pas terrible les trois quarts du temps, mais mieux payé&amp;nbsp;! Je ne me reconnaissais pas dans ces gens là. Non. Vraiment pas. C’était carrément des loques… Moi aussi remarquez, mais c’était pas pareil. Non, on ne pouvait quand même pas comparer… J’crois pas.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La nuit moi, je rêvais… Et les yeux ouverts encore&amp;nbsp;! C’est la meilleur façon de rêver. Sans quoi, forcément, on ne voit pas très bien à quoi on rêve. L’alcool aidant, je décollais dans l’éther. Ouais. C’est plutôt intéressant comme expérience. Vous pouvez me croire. Mieux que de participer à Loft Story ça c’est sûr&amp;nbsp;! La nuit, les gens sont différents. Même ceux qui sont très cons le jour… Leur connerie prend une nouvelle dimension qui les rendrait presque intéressants. Un peu comme des vers luisants… Le jour ils ont très peu d’intérêt, mais dès que le soleil vient à cligner des paupières ces asticots là commencent à faire leur numéro.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ma vie ressemblait un peu à un camembert trop fait, tout dégoulinant et bourré d’asticots qui s’agitaient dans tous les sens. Passé minuit ça devenait une vraie boite de nuit, gluant mais parsemé de jolies paillettes mouvantes… Je vous avais prévenu pour les métaphores à deux balles. Chacun son péché mignon.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le jour je rêvais aussi remarque, parfois. Je ne voyais pas vraiment ce qui se passait tout autour. Tout le cirque. Ça m’intéressait pas. Les gens vont et viennent. Bon, ils font ce qu’ils veulent en même temps. C’était pas mon problème. Des fois il me venait l’envie de tous les voir subitement se dessécher et puis crever, comme les fleurs qui se fanent en accéléré dans les documentaires d’histoire naturelle à la télé. Il me faisaient tous tellement chier. Ils n’avaient qu’a bouffer leurs putains d’hamburgers et choper une bonne encéphalite spongiforme&amp;nbsp;! Leur cerveau se serait peut-être mis à fonctionner un peu plus sainement&amp;nbsp;? Qui sait&amp;nbsp;? Moi l’encéphalite je l’avais de naissance. Elle était peut-être pas spongiforme, mais elle était d’une forme pas banale. Je vous l’assure. Parole de Benoît Collar. Une parole qui, soit dit en passant, en vaut bien une autre, je vous l’accorde aisément. Mais je ne vais quand même pas jurer sur la bible, je ne crois pas en Dieu&amp;nbsp;! Enfin pas en celui-là en tout cas… Oui, le Dieu unique tu parles. Il n’a d’unique que sont nom&amp;nbsp;! Mais de quoi est-ce que je causais&amp;nbsp;? Ah oui, mon encéphalite au profil très personnalisé… Je n’étais pas fou mais… une approche un tant soit peu bâclée de mon profil psychique aurait pu laisser croire le contraire aux esprits les moins perspicaces. Or, quand on sait que rentrent dans cette dernière catégorie au moins les trois quarts de la population, on comprend mieux les motifs d’une certaine hostilité ou d’une incompréhension manifeste, d’ailleurs réciproque, entre votre serviteur et ce domaine étrange peuplé d’être vivants qu’on appelle généralement&amp;nbsp;: &lt;i&gt;les autres&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Entre &lt;i&gt;les autres&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;moi&lt;/i&gt;, ça n’avait pas toujours été une torride histoire d’amour. C’était flagrant. J’avais du mal à m’y faire, mais il fallait bien se rendre à l’évidence&amp;nbsp;: je n’étais pas seul sur terre. Ça n’était pas une grande découverte, peut-être, mais détrompez-vous quand même, car ce sont souvent les choses qui paraissent au premier abord les mieux établies qui, suite à un examen approfondi, s’avèrent totalement erronées. Tenez, prenons un exemple. Marcus, mon voisin de l’époque. Il avait l’air d’un parfait crétin au premier abord… Bon d’accord c’est pas un bon exemple. Mais cherchez vous-même vous en trouverez sûrement. Il est statistiquement impossible que je raconte systématiquement des conneries. Même si j’ai pas fait l’E.NA je ne suis quand même pas tombé de la dernière pluie. Quand j’étais gamin je lisais déjà &lt;i&gt;Ça m’intéresse&lt;/i&gt; pendant que d’autres en étaient restés à &lt;i&gt;Pif gadget&lt;/i&gt;. Enfin tout ça pour dire que la communication représenta longtemps pour moi un concept hautement problématique. J’entends la communication entre deux ou plusieurs êtres humains ou assimilés comme tel… (décidément Marcus m’obsède).&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Par exemple, je préférais toujours acheter mes fringues dans des endroits style grandes surfaces parce qu’au moins je n’avais pas à supporter un de ces vendeurs-ventouse qui cherchait à vous refiler tout le stock de sa boutique quand vous veniez seulement regarder si un de ses falzars coïncidait avec vos critères anatomiques personnels.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J’aimais pas les gens. C’était comme ça…. Et les gens me le rendaient bien. Je rends hommage à leur sens inné de la justice. D’abord, généralement, quand je décidais, au prix d’un effort sur moi-même ou plus souvent par simple nécessité, de m’adresser à quelqu’un, j’éprouvais constamment la sensation que la personne en face ne comprenait pas un mot de ce que je lui racontais. Dans&amp;nbsp; les bars encore plus qu’ailleurs. C’était quand même pas croyable&amp;nbsp;! Je ne parlais pourtant pas le dialecte vulcain&amp;nbsp;! Et mes oreilles n’étaient pas pointues comme celles de Spock&amp;nbsp;! Un peu décollées tout au plus…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Parfois je posais mes fesses sur un banc dans un jardin public et je regardais passer ces primates bipèdes à l’espèce de laquelle j’ai l’honneur d’appartenir. Quelle chance… Je me demandais bien où ils allaient tous ces blaireaux. Ça allait ça venait comme des fourmis ouvrières. Ça ne s’arrêtait jamais. A force je finissais par en avoir mal au crâne. Ils m’ennuyaient tous prodigieusement. Alors je me levais… et je faisais comme eux, je circulais. J’allais voir ailleurs si le fond de l’air sentait meilleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Max Lector&lt;/strong&gt;, &lt;em&gt;Seuls les presbytes ne peuvent pas voir la mort de près&lt;/em&gt; ed Le Manuscrit, 2003&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a class=&quot;undefined&quot; href=&quot;http://chapitre.com/asp/panier/desc.asp?source=NEUF&amp;amp;isbn=9782748131987&amp;amp;sessionid=52765481472965831139947&quot;&gt;Acheter ce livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;
</description>
</item>
</channel>
</rss>